Cette partie est consacrée au dernier trek du voyage, je suis avec Damien, on traverse le nord de l’Inde pour entrer au Népal. On attrape des amibes, c'est-à-dire une tourista carabinée qui nous cloue au lit et sur la cuvette des toilettes pendant 7 jours à Pokhara. La forme revient doucement puis l’envie de bouger nous reprend. Après cette période difficile, puis les préparatifs, nous partons pour faire le tour du Dhaulagiri 1, 7eme plus haut sommet du monde qui culmine à 8167m. Au programme 15 jours de marche, dont 10 en autonomie, et passage de 2 cols à 5400m.
Sans doute un peu trop pour moi, ces 15 jours ne seront pas sans difficultés, j’aurai souffert à pousser mon corps jusqu’à des limites que je n’aurais jamais cru possible d’atteindre, j’aurai râlé et me serai énervé un sacré nombre de fois à cause de la fatigue et du ras le bol, Damien peut en témoigner. Mais rassurez vous il a eu de sacrés moments également et j’en tire une forte expérience autant pour ce qui est du trekking que de moi-même. Et puis sur les photos on ne voit plus que les bons côtés !
On remonte d’abord une vallée ou l’on traverse de nombreux villages aux gamins qui n’ont qu’un mot en bouche en nous voyant : « one pen ! ». Sans doute trop habitués à voir les occidentaux leur donner des stylos. Ici on vit des rizières en étage, des bananiers, des poules et des buffles.
L’endroit est on ne peut plus sauvage, cascades et torrents de toute part qui sorte de gorges à la végétation et aux pentes impénétrables.
Les gamins intrigués sont toujours au rendez vous pour nous voir monter notre tente et nous regarder nous faire à manger.
Damien se transforme en docteur et badigeonne de pommade les plaies infectées des gamins du petit village de Kahmla. On nous invite pour un dahl baht, plat local de riz et de lentille, mais nous devons nous remettre en route. L’étape sera longue et éprouvante.
On remonte toujours en longeant la rivière sur un sentier de plus en plus petit, dans une jungle qui est infestée de sangsues.
Puis en une journée on sort de la jungle, passe à travers les forets de pin et on se retrouve dans les alpages.
La montagne est parfois inquiétante …
… parfois incroyablement belle et calme.
Nous voilà en face du glacier du Dhaulagiri.
Sous nos pieds, le glacier et des mètres et des mètres de glace. C’est un peu inquiétant avec les bruits des blocs de glace ou de pierre qui se décroche parfois sur d’autres glaciers venant de la gauche et de la droite.
Posés au camp de base du Dhaulagiri, on admire le glacier descendant de sa face nord mais on ne le voit toujours pas, il se cache dans les nuages !
Puis enfin il s’offre à nous dans toute sa puissance pour 10 courtes minutes avant de se recacher. C’est impressionnant à couper le souffle, on est comme scotché par cette vue.
On passe ensuite le French Pass et le Dhampus Pass et le lendemain matin, par temps clair, sans nos gros sacs, on s’attaque au Dhampus Pic.
Pendant la montée, le temps est magnifique, on peu voir la chaîne des Annapurna et l’Annapurna 1 (8078m).
Derrière Damien, la Hidden Valley et le début du Mustang.
Au centre le Tukuche Peak et le Dhaulagiri I puis à droite plus loin les Dhaulagiri II, III, IV, V et VI.
Après 3h de marche nous arrivons à 8h30 au sommet du Dhampus Pic, à 6012m exactement. La sensation d’être sur un sommet est incroyable, la vue majestueuse, on est comme abasourdi par ce décor qui s’offre à nous. J’aurais pu rester longtemps scotcher à regarder à 360° sans jamais m’en lasser mais les nuages se forment déjà autour de nous. On doit redescendre de peur d’être pris dans le brouillard. Je n’oublierai jamais ces quelques minutes au sommet.
On voit très bien l’immense plateau du Tibet qui n’est qu’à quelques jours de marche.
Les nuages apparaissent très rapidement autour du massif du Dhaulagiri et un peu partout sur les flancs des montagnes.
Une jolie photo dans la verdure népalaise ;-) lors de notre redescente vers la fin du trek. Et avec des skis !!! Mais pourquoi donc ? Aurais je skier au Népal ? Et bien non. En fait, je les ai trouvés, oui je dis bien trouvés dans la montagne ! Petite explication pour qu’on ne me prenne pas pour un voleur : en montant vers le Dhampus Pic, au milieu de la pierraille, on tombe sur du matos d’expédition. Pas le temps de s’arrêter trop longtemps, on verra à la descente. Donc en redescendant on regarde mieux, pas de doute, les cares des skis sont rouillées, le plastique des sacs rongé par le soleil, tout ça à été abandonné il y a plusieurs mois. Sans doute une expé qui voulait se faire le pic plus léger et s’est trouvée prise dans une tempête de neige qui a couvert le matos. Impossible à retrouver pour eux ! On décide donc de se servir, je récupère une paire de skis Dynastar Legend of Annapurna (un comble vu l’endroit où on se trouve), une paire de bâtons ultralight, un baudrier, et des guêtres par-neige. Damien lui récupère 2 piolets de traction pour la glace et un thermos. C’est Noël pour nous ce 22 septembre !
En conclusion, un trek exceptionnel mais très difficile duquel on retiendra quelques bonnes leçons sur la préparation et l’organisation d’une telle aventure !
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