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Samedi 27 octobre 2007

Voici quelques images de mon voyage de 3 mois à travers l’Himalaya Indien et le Népal.

Mon premier trek était avec Clément au Ladakh, au Nord de l’Inde, un trek de 19 jours accompagné de notre guide Chering Dorge, l’homme a tout faire, de ses trois chevaux, et d’Andrea, un italien qui vient treker également.


On traverse d’abord des paysages qui rappellent les Alpes afin de s’enfoncer dans la chaîne himalayenne et d'atteindre des régions hors zone de mousson.


 

Notre première journée de marche nous révèle l’aridité du Laddakh et une montagne encore à l’état brut.


Un ginger-lemon-honey tea pour se réchauffer, préparer par notre ami sicilien Andrea et le "horse-man" Chering. On se situe déjà à 3600m d’altitude.


Une courte pause déjeuner au milieu d’un désert de pierre, le mal de l’altitude qui n’était que d’amusantes pertes d’équilibre pendant la matinée se transformera en un gros mal de tête l’après midi …

 

… puis dans la soirée en crise de fou rire.

 

Au Shingo La, col à 5100m d’altitude, l’air et sec et le soleil tape fort.

 

Cette montagne sacrée, le Kumburandjon, et visible durant des jours lorsqu’on descend la large vallée de Zanskar.

 

La différence avec l’autre coté du col et frappante, ici il souffle un vent sec et il n’y a quasiment pas de nuage, le soleil grille tout a travers la plus fine couche d’atmosphère. On est a plus de 4000m d’altitude. Les montagnes sont colorées de violet, de vert, de gris, d’orange.

  Malgré l’inhospitalité  la plus totale du lieu, de petites « oasis » comme le village de Shi on réussi à s’implanter dans la vallée, récupérant les eaux de fonte glaciaire pour irriguer les cultures de blé et d’orge. On partagera pendant 2 jours le mode de vie de la famille de Chering.


On est invité à assister à une dogsa, genre de transhumance ou les femelles yacks sont traies, les mâles chargés d’énormes sac de bouses, puis le camp levé pour aller vers d’autres alpages.


Les Zanskaris ferment les sacs de bouses séchées qui serviront de combustible une fois ramené au village. Pas de bois dans le coin, la première route à des jours de marches, donc seul moyen de faire la cuisine et de chauffer un peu pendant les longs mois hivers.


Dans une des huttes on bois du lait de yack et du yaourt au lait de yack mélangé à de la tsampa, de la farine d’orge grillée. Ce petit dej nous vaudra une bonne indigestion et 2 jours de diet !

 

Un yack mâle dirons nous d’un fort beau gabarit! A ce moment là je ne sais pas si il n’a pas plus peur que moi je n’ai peur de lui.


Une expérience unique qu’aucun trek organisé n’offrira jamais. On se sent parfois mal alaise au milieu du camp à prendre des photos sans pouvoir communiquer avec les locaux.

  Le monastère bouddhiste de Phukthal s’est construit à même la falaise sans avoir taillée celle-ci. Un sacré tour de force de nos amis les moines.

  Traversée l’immense vallée de Padum c’est un peu comme traversé un petit désert : 3 jours de marche sur du plat au milieu des pierres, sous le soleil, pas un poil d’ombre et une terrible impression de ne pas avancer.

 

La traversée de Zanskar, un trek très populaire au Ladakh, c’est aussi les grosses caravanes qu’on rencontre tout les jours avec une vingtaine de mules chacune, des muletiers, des cuistots, des guides et une poignée de touristes. On ne faisait pas le poids avec un seul homme et 3 mules !

  Dans la deuxième partie du trek, 6 passages de cols entre 4000 et 5000. A chaque pass on trouve des chortens (petit stupa) et des drapeaux à prières bouddhistes qui diffusent leurs inscriptions dans le vent.


Dans ces immenses vallées tout semble à porté de main alors on sous estime toujours les distances et les temps pour atteindre ses objectifs.

 

Arrivée de notre trek à Lamayru, en tout 19 jours dont 17 de marche.

En conclusion, un trek qui manquait un peu du goût de l’aventure en solitaire mais tellement riche de rencontres et de découverte des mœurs locales. Inoubliable.

 

Le monastère de Lamayru.

Par Mehdi - Publié dans : medasingap
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Samedi 27 octobre 2007

Clément rentre ensuite en France puis Damien et Jérémie me rejoignent à Manali pour faire un nouveau trek.


Vashisht et ses sources chaudes au bon goût de souffre, des bains brûlants à la limite du supportable, le meilleur moyen de se detendre après 2 jours de bus pour rallié Leh à Manali. On dit que c’est la plus haute route du monde passant par des cols à plus de 5000, complètement défoncée par endroit, heureusement les bus TATA sont costauds ! 


Puis nous voilà parti à l’assaut du Pin-Parbati Pass ralliant la vallée de la rivière Parbati à la vallée de la Pin. (Attention au jeu de mot !). Les sacs gonflés à bloc avec nos 10 jours de bouffe, avec une boussole et une carte presque faite à main levée, on décide au dernier moment de partir sans guide malgré les recommandations des occidentaux habitant la région. On pourra toujours faire demi-tour !


La mousson est bien là cette fois et on se prend assez régulièrement des averses.

 

C’est même souvent la course avec les nuages qui remonte également la vallée, le plus souvent à grande vitesse !!!

 

Tel des hommes de Cromagnon, le feu s’organise sous un rocher histoire d’économiser le kérosène du réchaud.


La végétation se raréfie, le sentier se rétréci, on croise de moins en moins de bergers, on sera bientôt au pied du glacier de la Parbati.


Vous pouvez admirer au fond le réchaud à kérosène de fabrication locale qui ma coûté seulement 12 euros mais qui demande une certaine pratique !


Nous voilà a présent à l’assaut du col suivant les conseils d’un berger : « tapez droit dans le pentu sur la gauche de la vallée, ensuite c’est facile ». Oui effectivement on a bien trouvé le sentier sinon on aurait continuer et galeré dans la moraine qu’on voit en bas.

 

Après une tentative ratée de recherche du col pour cause de tempête de neige, nous revoilà parti à l’assaut de ce dernier le lendemain matin « à la fraîche » !


Victoire ! On a réussi à trouver le col en explorant un peu le glacier, sans guide, sans porteur, on peu être fier !


En bas à gauche, le Pin–Parbati Pass, à droite coté Parbati, à gauche coté Pin.

 

La vallée de la Pin, il ne pleut plus, l’air est très sec et un vent très fort se lève tout les après midi : nous voilà de nouveau dans la région du Ladakh.


Dans le premier village qu’on atteint, la route arrive bien mais elle est coupée plus bas à cause de glissements de terrain.

  On traverse sur notre route de jolis villages qui apparaissent comme de véritables petits oasis au milieu des étendues de pierres.

 

Tous les gamins veulent être pris en photo puis voir la photo par la suite, malheureusement à cause d’une chute fort regrettable, l’écran est cassé.

 

En conclusion, 9 jours de marche avec au départ 10 jours prévu, tout ça en complète autonomie sans ravitaillement de nourriture, une vraie sensation de partir à l’aventure et de découvrir la montagne encore vierge, très peu ou pas d’autres touristes dans le coin, un réel bonheur !

 

Par Mehdi - Publié dans : medasingap
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Samedi 27 octobre 2007

Cette partie est consacrée au dernier trek du voyage, je suis avec Damien, on traverse le nord de l’Inde pour entrer au Népal. On attrape des amibes, c'est-à-dire une tourista carabinée qui nous cloue au lit et sur la cuvette des toilettes pendant 7 jours à Pokhara. La forme revient doucement puis l’envie de bouger nous reprend. Après cette période difficile, puis les préparatifs, nous partons pour faire le tour du Dhaulagiri 1, 7eme plus haut sommet du monde qui culmine à 8167m. Au programme 15 jours de marche, dont 10 en autonomie, et passage de 2 cols à 5400m.

Sans doute un peu trop pour moi, ces 15 jours ne seront pas sans difficultés, j’aurai souffert à pousser mon corps jusqu’à des limites que je n’aurais jamais cru possible d’atteindre, j’aurai râlé et me serai énervé un sacré nombre de fois à cause de la fatigue et du ras le bol, Damien peut en témoigner. Mais rassurez vous il a eu de sacrés moments également et j’en tire une forte expérience autant pour ce qui est du trekking que de moi-même. Et puis sur les photos on ne voit plus que les bons côtés !


On remonte d’abord une vallée ou l’on traverse de nombreux villages aux gamins qui n’ont qu’un mot en bouche en nous voyant : « one pen ! ». Sans doute trop habitués à voir les occidentaux leur donner des stylos.  Ici on vit des rizières en étage, des bananiers, des poules et des buffles.

 

L’endroit est on ne peut plus sauvage, cascades et torrents de toute part qui sorte de gorges à la végétation et aux pentes impénétrables.

 

Les gamins intrigués sont toujours au rendez vous pour nous voir monter notre tente et nous regarder nous faire à manger.


Damien se transforme en docteur et badigeonne de pommade les plaies infectées des gamins du petit village de Kahmla. On nous invite pour un dahl baht, plat local de riz et de lentille, mais nous devons nous remettre en route. L’étape sera longue et éprouvante.

  On remonte toujours en longeant la rivière sur un sentier de plus en plus petit, dans une jungle qui est infestée de sangsues.


Puis en une journée on sort de la jungle, passe à travers les forets de pin et on se retrouve dans les alpages.


La montagne est parfois inquiétante …

 

… parfois incroyablement belle et calme.


Nous voilà en face du glacier du Dhaulagiri.


Sous nos pieds, le glacier et des mètres et des mètres de glace. C’est un peu inquiétant avec les bruits des blocs de glace ou de pierre qui se décroche parfois sur d’autres glaciers venant de la gauche et de la droite.


Posés au camp de base du Dhaulagiri, on admire le glacier descendant de sa face nord mais on ne le voit toujours pas, il se cache dans les nuages !


Puis enfin il s’offre à nous dans toute sa puissance pour 10 courtes minutes avant de se recacher. C’est impressionnant à couper le souffle, on est comme scotché par cette vue.

  On passe ensuite le French Pass et le Dhampus Pass et le lendemain matin, par temps clair, sans nos gros sacs, on s’attaque au Dhampus Pic.


Pendant la montée, le temps est magnifique, on peu voir la chaîne des Annapurna et l’Annapurna 1 (8078m).


Derrière Damien, la Hidden Valley et le début du Mustang.

Au centre le Tukuche Peak et le Dhaulagiri I puis à droite plus loin les Dhaulagiri II, III, IV, V et VI.


Après 3h de marche nous arrivons à 8h30 au sommet du Dhampus Pic, à 6012m exactement. La sensation d’être sur un sommet est incroyable, la vue majestueuse, on est comme abasourdi par ce décor qui s’offre à nous. J’aurais pu rester longtemps scotcher à regarder à 360° sans jamais m’en lasser mais les nuages se forment déjà autour de nous. On doit redescendre de peur d’être pris dans le brouillard. Je n’oublierai jamais ces quelques minutes au sommet.


On voit très bien l’immense plateau du Tibet qui n’est qu’à quelques jours de marche.


Les nuages apparaissent très rapidement autour du massif du Dhaulagiri et un peu partout sur les flancs des montagnes.


  Une jolie photo dans la verdure népalaise ;-) lors de notre redescente vers la fin du trek. Et avec des skis !!! Mais pourquoi donc ? Aurais je skier au Népal ? Et bien non. En fait, je les ai trouvés, oui je dis bien trouvés dans la montagne ! Petite explication pour qu’on ne me prenne pas pour un voleur : en montant vers le Dhampus Pic, au milieu de la pierraille, on tombe sur du matos d’expédition. Pas le temps de s’arrêter trop longtemps, on verra à la descente. Donc en redescendant on regarde mieux, pas de doute, les cares des skis sont rouillées, le plastique des sacs rongé par le soleil, tout ça à été abandonné il y a plusieurs mois. Sans doute une expé qui voulait se faire le pic plus léger et s’est trouvée prise dans une tempête de neige qui a couvert le matos. Impossible à retrouver pour eux ! On décide donc de se servir, je récupère une paire de skis Dynastar Legend of Annapurna (un comble vu l’endroit où on se trouve), une paire de bâtons ultralight, un baudrier, et des guêtres par-neige. Damien lui récupère 2 piolets de traction pour la glace et un thermos. C’est Noël pour nous ce 22 septembre !

 

En conclusion, un trek exceptionnel mais très difficile duquel on retiendra quelques bonnes leçons sur la préparation et l’organisation d’une telle aventure !

Par Mehdi - Publié dans : medasingap
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